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Plusieurs villes, dans l'antiquité grecque, portaient le nom d'Antioche. Mais la ville syrienne qui a donné naissance à notre Eglise, fut distinguée des autres en l'appelant notamment : Antioche de Syrie, Antioche la Grande (Antakiyé Al Azima), la ville de Dieu (madinat Allah)..

La fondation d'Antioche qui remonte à 300 avant J.C., a eu lieu sur la rive gauche du fleuve Oronte, au pied du mont Silpium. Elle a été réalisée sous Séleucos 1er Nikator (le vainqueur), 32 ans après la conquête du littoral syrien par Alexandre le Grand, conquête considérée comme l'avènement de l'hellénisme en Orient. Le site sur lequel fut édifiée cette nouvelle cité présentait certains avantages pour le vainqueur : carrefour entre l'Asie Mineure, l'Euphrate et les parties sud et centre de la Syrie, la proximité de la source de Daphné (à 6 Km) qui fournissait une eau abondante et pure, la fertilité des terres, un climat clément et la beauté des environs ainsi qu'un port qui la desservait, Séleucie de Piétri, aujourd'hui dévasté et hors de service. Séleucos donna à la nouvelle cité le nom d'Antioche en souvenir de son père Antiochus.

La population d'Antioche était composée, à l'époque de Séleucos 1er, non seulement d'Athéniens et de Macédoniens (tous de culture hellénique) mais aussi d'anciens mercenaires de Séleucos à la retraite, et parmi eux, des Chypriotes et surtout une minorité significative de juifs. Bien que les habitants de la ville furent majoritairement de culture grecque, il n'en demeure pas moins qu'il s'y trouvait de nombreux Syriens parlant le syriaque et qui avaient leur propre culte; ces derniers habitaient plutôt les faubourgs et les campagnes environnantes.

Antioche devint très rapidement un centre commercial et un foyer de culture d'une importance capitale; de surcroît, elle jouissait, sous les premiers rois séleucides, d'une tolérance remarquable. Le caractère à la fois hétérogène et cosmopolite de sa population, constitua pour elle un atout indéniable et lui permit de devenir une des principales villes du monde. Après la conquête romaine en 64 avant J.C., Antioche devint la 3ième, voire la 2ième métropole de l'empire romain.

Elle devint très vite le berceau du christianisme. C'est à partir d'elle que les apôtres Barnabé et Paul, aidés par un embryon de chrétiens fervents, ont réussi à propager l'Evangile. Elle fut le premier centre de propagation de la foi chrétienne.

Du temps de l'Eglise primitive, Antioche était la capitale de la province romaine, dont le territoire s'étendait à toutes les régions faisant partie naturellement du pays syrien.

Nous sommes très bien renseignés sur la naissance de l'Eglise d'Antioche grâce aux Actes des Apôtres. Après l'émoi qu'a suscité la lapidation du diacre Etienne, de nombreux missionnaires «  hellénistes » vinrent prêcher la Bonne Nouvelle à Antioche tant aux juifs qu'aux païens (Ac 11, 19-21). Barnabas, un lévite d'origine chypriote, fut dépêché à Antioche, où il constata l'authenticité des nouveaux convertis (Ac 11,22-24) et s'associa aux prédicateurs hellénistes. En raison du nombre considérable de convertis, il alla chercher Saul (devenu ensuite l'apôtre Paul) à Tarse Les deux apôtres travaillèrent ensemble pendant un an et contribuèrent à la fondation de l'Eglise d'Antioche. Et c'est à Antioche que le nom de «  chrétiens » fut donné, pour la première fois, aux disciples de Jésus (Ac 11, 25-26).

 

Diacre Georges Araman

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